En Plein dans le MiL : Alain Casanova peut-il rester entraîneur du RC Lens ?

MadeInLens en plein dans le mil 02Après une préparation moyenne conclue par trois défaites, puis trois défaites en trois journées de Ligue 2 et malgré une petite éclaircie en Coupe de la Ligue contre l'AC Ajaccio, Alain Casanova est plus que jamais sur la sellette au RC Lens. Arrivé l'été dernier, l'entraîneur lensois paie aussi ses soucis de communication et la montée ratée d'un cheveu la saison passée.

Maintenu en poste par Gervais Martel après la défaite à Sochaux de ce samedi, le coach des Sang et Or dispose d'une dernière chance ce samedi contre Brest (à suivre en live radio sur MadeInLens.com et RBM 99.6FM) dans un stade Bollaert-Delelis dont les supporters l'ont pris en grippe depuis de longue semaine et où l'ambiance pourrait bien être tendue, délétère.

Alain Casanova peut-il encore rester l'entraîneur du RC Lens cette saison ? Trois rédacteurs de MadeInLens, Eddy, Guillaume et Nicolas Pérez, livrent leurs avis sur cette question. 

L’avis d’Eddy

Pour moi, Alain Casanova doit partir. Il a montré ses limites et ses faiblesses. Après la mauvaise gestion de la fin de saison dernière, il s’est mis à dos une grande partie des supporters, par ses choix tactiques douteux, par sa communication pas toujours logique (dire que le match face au RC Strasbourg de la saison dernière n’était pas décisif était une erreur parmi d’autres). Cet été, un recrutement tardif, des matchs de préparation insipides et ce problème récurrent de compréhension de son schéma de jeu le condamnaient déjà à un chemin de croix. Le début de saison raté est là pour le justifier.

Mais il n’est pas le seul fautif ici, c’est toute une organisation qu’il aurait fallu revoir. Au sommet du club, les hommes en place ne sont pas exempts de tout reproche, bien au contraire. Laisser sa confiance à un entraîneur meurtri par une fin de saison cauchemardesque, qui n’a pas su remotiver ses joueurs pour la saison suivante, était une grosse erreur. Quand Gervais Martel explique que le mercato est encore long et que le RC Lens a le temps pour recruter, c’est une grosse erreur aussi. Le recrutement aurait dû être bouclé bien avant le début de saison, pour que tout le monde soit prêt le jour J, et non dans 15 jours comme l’a dit Casanova après le match face au FC Sochaux.

Le RC Lens ne semble pas avoir pris conscience qu’il est un club de Ligue 2, et non plus un club qui joue le top 5 en Ligue 1. Les dirigeants semblent déconnectés, mais “y a rien qui va mal” comme disait le prophète.

Si Alain Casanova doit partir, le grand ménage aurait dû être fait bien avant, pour que le club reparte enfin sur de bonnes bases. Aujourd’hui, avec 9 points de retard sur les leaders du championnat, la montée n’est pas encore jouée, mais qui nous dit que ces points ne seront pas primordiaux au moment de faire les comptes en fait de saison ? 

L’avis de Guillaume

A quoi reconnaît-on un entraîneur qui vit ses derniers moments sur un banc ? Il commence par être confirmé par son président, prémisse très souvent à l’annonce de son limogeage, ce que n’a pas manqué de faire Gervais Martel après la nouvelle défaite à Sochaux. Il est souvent aussi dans le déni, dans ses analyses du match. A part lui, qui peut croire l’ancien coach toulousain quand il évoque la réussite sochalienne, ou l’égalisation lensoise qui aurait été méritée ? Ou quand l’entêtement confine à la mauvaise foi… Enfin, et c’est sans doute le plus grave dans l’affaire, son message ne passe clairement plus auprès de ses joueurs. Cela semble clairement être le cas pour des Sang et Or égarés sur le terrain dans un bloc disloqué et une défense fébrile livrée à elle-même.

Vous l’avez compris, pour moi la question ne se pose même plus, ou plus exactement elle aurait dû se poser bien avant ! Comment renouveler sa confiance à un entraîneur qui s’était lui même fixé l’objectif de la montée la saison dernière, et qui n’a d’ailleurs pas su assumer les conséquences de son échec…

Les matchs de pré-saison ne présageaient rien de bon, et le début de saison confirme malheureusement ce diagnostic. Crise de confiance, manque de cadre tactique, choix de composition et de coaching très discutables, Alain Casanova n’est clairement plus l’homme de la situation. Il n’a jamais été un meneur d’hommes, et c’est justement ce qui manque cruellement aux lensois, d’avoir un guide qui transmet la rage de vaincre, de se rebeller quand cela tourne mal, de se dépasser les uns pour les autres, en somme d’être un vrai groupe…

Si la responsabilité de l’échec sportif actuel lui incombe en grande majorité, je n’oublie pas, comme Eddy le souligne à juste titre, la responsabilité des décideurs lensois, qui n’ont pas su avoir le courage de tourner la page au lendemain d’une montée ratée de peu certes, mais ratée quand même. Il aurait fallu repartir avec un nouveau coach, de nouvelles idées, une nouvelle personnalité, pour tirer un trait sur le traumatisme vécu, et ce en amont de cette saison. Le changement de coach ne fait plus trop de doute, mais pourquoi ce temps perdu, ces points abandonnés, si chers dans une Ligue 2 qui s’annonce à nouveau serrée ?

Et puis je finirai sur le « matériel » mis à disposition de Casanova. Comme l’an dernier, les joueurs arrivent au compte-goutte une fois le championnat entamé ou presque. Des joueurs qui pour le moment, et à part Madri, n’ont aucune référence en Ligue2, et doivent en plus découvrir une nouvelle langue et une nouvelle culture. Pourquoi ne pas aller chercher des joueurs aguerris à cette division et à ses durs combats pour gagner du temps dans l’adaptation ? Bref le fusible sera certainement l’entraîneur, et c’est légitime ici, mais il n’a pas été non plus aidé. A Lens, on ne sait toujours pas retenir les leçons du passé... 

L’avis de Nicolas Pérez

Alain Casanova, un nom qui évoque la séduction. Pour nous supporters lensois, il est synonyme de gueules de bois et de désillusions.

Alors que le club a joué les premiers rôles la saison dernière, l’entraîneur était déjà pris en grippe par le public de Bollaert, la faute à une communication catastrophique. On se souvient tous des fameux discours sur l’état de la pelouse de Bergerac ou encore le match contre Strasbourg non décisif. La faute à un coaching illisible, des joueurs jamais utilisés (coucou Teddy Chevalier), un jeu de possession stérile...

En ce début de saison, la coupe est pleine. 3 défaites en 3 matchs, un fond de jeu inexistant, des déclarations à côté de la plaque. Comment peut-on affirmer que Sochaux a eu de la réussite ? Comment peut-on dire que la victoire face à l'AC Ajaccio est méritée ?

Néanmoins, le fusible qu’est l’entraîneur ne doit pas masquer les errances d’une direction aux abois depuis 10 ans. On entend souvent le peuple lensois chantait « Les dirigeants, à cause de vous, on se tape la honte dans toute la France ». Cela fait une décennie que notre fierté et notre amour pour le RCL sont mis sous l’étau de l’incompétence.

On se souvient du mercato hivernal parfaitement maîtrisé de Francis Collado en 2007 qui a marqué le début de la descente aux enfers. L’épisode Guy Roux, Papin, Mammadov…

10 ans de pain noir, de frustration. 10 ans que nous sommes 25 à 30 000 à nous rendre à Bollaert. 10 ans que dans tous les stades de France (encore 600 samedi), des fidèles engloutissent des kilomètres. 10 ans que notre passion subit les coups.

Aujourd’hui, rien ne change. On est en droit de se demander à qui profite le crime.

Alors oui, Casanova doit partir. Eric Sikora, gardien des valeurs lensoises, est évoqué pour lui succéder. Ou un homme au charisme d’Antoine Kombouaré. Mais tôt ou tard, c’est bien plus haut qu’il faudra désigner le(s) véritable(s) responsable(s).

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