RC Lens 15e après cinq journées : de la deuxième place au bord de la zone rouge en quatre mois

En mai, le RC Lens terminait deuxième de Ligue 1 derrière le Paris Saint-Germain, après avoir occupé la tête du classement à la vingt-deuxième journée. En septembre, il pointe au quinzième rang avec quatre points, un seul au-dessus de la zone de relégation, sans entraîneur titulaire pendant trois jours et sans victoire en championnat depuis la première journée.
Le club a changé d'entraîneur deux fois en trois mois. Pierre Sage est parti pour la Premier League en juin, Dino Toppmöller lui a succédé et a été limogé le 15 septembre après six matchs officiels, Yannick Cahuzac a pris le relais comme intérimaire avant d'être confirmé à plein temps quarante-huit heures plus tard. Aucun club de l'élite n'a connu pareil enchaînement depuis le début de saison.
En août, on pariait
sur Lens pour l'Europe. En septembre, on parie sur Lens pour le
maintien. Le premier marché ne veut plus rien dire pour une équipe
qui a marqué cinq buts en quatre matchs depuis sa victoire
inaugurale. Le second n'existait pas avant la défaite à Monaco.
Celui qui a un avis sur la question, savoir si le Lens du printemps
reviendra ou si celui de septembre est le vrai, dispose de trois
semaines pour le jouer avant que Lyon ne réponde à sa place le 11
octobre.
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Monaco 2-1 Lens du 18 septembre, une première pour Cahuzac décidée par un but contre son camp
Monaco a dominé la première mi-temps, s'est vu refuser trois buts pour hors-jeu, et a fini par ouvrir le score par Paris Brunner à la 32e minute sur un centre en retrait de Mathis Abline. Lens n'avait alors cadré aucun tir.
Cahuzac a tout changé à la pause. Passage à quatre derrière, sortie de Jean-Clair Todibo, qui reprenait tout juste la compétition et souffrait depuis le coup d'envoi, entrée de Jonathan Gradit. Lens a égalisé de la tête par Matthieu Udol à la 57e sur un corner de Florian Thauvin déposé au premier poteau, puis deux occasions franches de Thorgan Hazard, dont une détournée par Lukas Hradecky à la 74e. Lens était alors la meilleure équipe sur le terrain. À la 85e, sur un centre de Vanderson, Gradit a mal jugé un ballon aérien en duel avec Brunner et l'a dévié dans son propre but. Monaco a repris la tête du championnat, Lens est resté quinzième.
Toppmöller limogé après six matchs, pour le staff plus que pour les résultats
Le communiqué du club ne parle pas de résultats. Il évoque des échanges sur le fonctionnement et l'organisation du staff, une volonté de la direction de le remodeler, et un refus de l'entraîneur allemand de partager ces évolutions. Ses deux adjoints sont partis avec lui. La presse a ajouté une rupture avec le vestiaire, ce que le club n'a ni confirmé ni démenti.
Le bilan de Toppmöller était court et trompeur. Il avait commencé par le Trophée des Champions, remporté 1-0 contre le PSG, puis par un 5-2 contre Auxerre où l'adversaire avait marqué deux fois à dix contre onze. Sont venues ensuite deux défaites de rang, à Strasbourg puis contre Lorient à domicile, une victoire 3-2 à Prague contre un Slavia lui aussi réduit à dix, et un 2-2 au Mans où Lens était mené 2-0 à la mi-temps. Six matchs, trois victoires, mais aucune obtenue contre une équipe à onze pendant quatre-vingt-dix minutes.
Cahuzac, ancien capitaine, confirmé à plein temps sans les diplômes requis
Le club a d'abord présenté Cahuzac comme intérimaire pour le déplacement à Monaco, puis l'a nommé entraîneur principal le 17 septembre, la veille du match. À 41 ans, l'ancien capitaine lensois n'a jamais dirigé une équipe professionnelle et ne détient pas les diplômes exigés en Ligue 1, ce que le club devra régler avec la Ligue.
Sa première a montré un entraîneur qui ne s'est pas contenté de gérer. Titulariser Todibo trois jours après son retour et lancer Mezian Mesloub, 16 ans, pour ses débuts en professionnel, c'est accepter d'être jugé sur deux paris dès le premier soir. Le passage à quatre derrière a tenu jusqu'à l'erreur de Gradit. Au micro de Ligue 1+, le Corse n'a trouvé qu'un mot pour sa soirée, frustration.
Aucun joueur de champ lensois dans le top 15 de L'Équipe
Le quotidien a publié cette semaine son classement des étoiles après cinq journées. Aucun joueur de champ du RC Lens n'y figure parmi les quinze premiers. Seul Robin Risser surnage, sixième au classement des gardiens, et cette place se lit moins comme un compliment que comme le décompte des tirs qu'il a dû repousser. Toppmöller, avant son départ, y occupait la quatorzième place des entraîneurs.
L'infirmerie n'aide pas. Six joueurs sont indisponibles, dont Risser lui-même pour quelques jours, Saud Abdulhamid, et Samson Baidoo jusqu'à la fin octobre. Todibo, arrivé le 1er septembre, et Junior Kadile, signé la veille, ont rejoint un groupe qui cherchait déjà son équilibre. Les rumeurs de fin de mercato citaient Nathan Zeze, Raphaël Guerreiro, El Chadaille Bitshiabu et Jeanuël Belocian, quatre défenseurs, ce qui désigne le secteur où le club pensait manquer.
Lens - Lyon le 11 octobre à Bollaert, premier match après la trêve
Trois semaines séparent Monaco de la réception de Lyon. C'est le temps dont dispose Cahuzac pour construire une équipe qui ne se limite pas à corriger celle de son prédécesseur, et le temps dont dispose le club pour régler la question de ses diplômes.
Lyon a fini dans les quatre premiers la saison passée et n'a rien perdu de ce statut cet été. Une victoire à Bollaert replacerait Lens dans une zone où l'on parle de milieu de tableau. Un revers le laisserait à quatre points après six journées, avec un calendrier d'octobre qui ne s'allège pas. À Monaco, Lens a été dominé, puis dominant, puis battu. Le 11 octobre dira laquelle des trois séquences décrit vraiment cette équipe.