Exclu MadeInLens - Philippe Lefebvre (2e partie) : « L’actionnaire du RC Lens a pris le risque, les résultats donneront la réponse »

Philippe Lefebvre Canal PlusAlors que la saison de Ligue 2 a débuté ce vendredi, avec une victoire du RC Lens à Orléans, Philippe Lefebvre livre son analyse sur cette intersaison du club lensois, marquée par de profonds changements, tant sportifs qu'extrasportifs. Pour l'ancien joueur des Sang et Or et journaliste de Canal+ durant 25 ans, l'affirmation de Joseph Oughourlian, de la nouvelle direction, et l'éviction de Gervais Martel et de son équipe marquent un tournant dans l'histoire du club, estimant toutefois que les personnes choisies (Eric Roy et Philippe Montanier) s'avèrent de très bons choix afin de minimiser les risques pour le club.

Comment avez-vous vécu cette intersaison ? Difficile de reconnaître le RC Lens…

« Tout a été refait. Les plafonds, les papiers peints... il est difficile de s’y reconnaître…On a coupé les liens qui existaient entre la direction Martel et la nouvelle direction. Gervais Martel est parti, c’est une nouvelle époque qui s’ouvre. J’en profite pour le saluer. J’espère qu’il y aura un jubilé qui lui sera dédié, pour ce qu’il a fait pour le club. Pourquoi pas un match champion de France 1998, contre France 98 ? »

Le recrutement a déjà bien avancé, qu’en pensez vous ?

« Je connais très bien Jean-Louis Leca. Il a joué à Valenciennes, je connais sa valeur. Je le côtoyais avec Canal. On est devenu amis. Je peux dire que c’est un Corse qui a la mentalité ch'ti. C’est un super mec ! Il a non seulement une mentalité exemplaire, il est aussi un très bon gardien. J’ai été surpris par son arrivée. J’avais trouvé que Vachoux avait fait une superbe saison. Lens dispose de deux bons gardiens. »

Au niveau défense, on a aussi tout changé ! Est-ce bien ou pas ?

« Il va falloir mettre en place quelques automatismes. Il y aura quelques cafouillages au départ. Je crois qu’il faut faire confiance à Eric Roy. C’est un garçon compétent. Ces changements sont aussi une décision de l’actionnaire. Il a repris la main. Il a eu ce courage. On ne peut que l’accompagner dans ces choix. »

Est-il facile de construire une défense ?

« Dans le football, il est toujours plus facile de défendre que d’attaquer. Si l’on joue sur un terrain de basket, ceux qui défendent ont l’avantage. Avec l’équipe de France, on a bien vu que l’on peut laisser la possession de balle à l’adversaire à condition d’avoir les joueurs pour contrer. On peut tenter de jouer comme Barcelone ou le PSG, mais il faut avoir les moyens au milieu de terrain et en attaque. Personnellement, j’aime bien le football champagne, ce jeu n’est pas mon préféré, mais je dois reconnaître qu’il est diablement efficace. Aujourd’hui, avec des joueurs comme MBappé, il vaut mieux bien défendre et contrer. Pour attaquer, il faut beaucoup de talents… A Lens, l’équipe va jouer à 12 avec l’appui du public. La frustration du public est énorme. Je crois qu’ils en ont assez et qu’ils veulent que Lens monte. Ils vont aider le club, au début, pour voir…Le public a faim. Tout le monde veut voir Lens en haut du classement. Le coach, Philippe Montanier est pour moi une bonne pioche. Il a la compétence pour aider le Racing à retrouver des couleurs. »

La Ligue 2 compte un nombre record d'entraîneurs de haut niveau...

« Oui, il y a de la qualité. Le championnat n’est pas facile. Il ne faut pas croire que nos adversaires vont nous laisser gagner 3 à 0. Tous les clubs ont progressé. Il n’y a plus de petites équipes. C’est certainement pour cette raison que nous sommes champions du Monde. Dans les clubs français, on travaille bien. »

Quel est l’atout du Racing cette saison ?

« La belle colonne vertébrale. Il manque peut être un attaquant comme Ghislain Gimbert, un gars qui met 20 buts par saison, ou un Mathieu Duhamel… Lens a aussi un super adjoint avec Michaël Debève, un gars extra… Le public, il ne faut pas l’oublier. Il faut oublier le titre de champion de France. C’est fini. Il faut passer à autre chose. Tout a changé, des joueurs aux entraîneurs aux dirigeants. On vit une nouvelle époque… »

N’avez-vous pas peur que Lens perde une partie de son identité ?

« Il y a des risques quand on effectue des changements. L’actionnaire a pris le risque. Il a voulu donner un œil neuf. Les résultats donneront la réponse. Personnellement, je pense que, quand on met les bonnes personnes aux bonnes places, on prend un minimum de risques. »

Propos recueillis par Pascal Guislain (RBM 99.6FM) pour MadeInLens

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