Joachim Marx : « Ce match de coupe sera une fête »

Joachim Marx RC Lens 01Parmi les joueurs qui ont connu le RC Lens et Noeux-Les-Mines, il y en a un pour qui ce derby en Coupe de France fait particulièrement plaisir : c'est Joachim Marx. Arrivé de Pologne chez les Sang et Or en octobre 1976 (c'est grâce à l'intervention de Valéry Giscard d'Estaing lors d'un voyage en Pologne que le transfert a pu être conclu), l'attaquant inscrit trois buts dès son premier match, les premiers d'une longue série jusqu'en 1979 où il rejoint Noeux-les-Mines à 35 ans pour quelques saisons.

Revenu au RC Lens comme directeur de la formation, puis entraîneur du club lensois entre 1985 et 1988, il lance de nombreux jeunes en professionnel, dont un certain Eric Sikora. Il occupe ensuite un poste de recruteur, notamment en Europe de l'Est.

Avant ce derby en Coupe de France, l'ancien Lensois se livre sur ses années lensoises et noeuxoises, sur ses meilleurs souvenirs, mais aussi sur la situation actuelle du Racing Club de Lens.

Que pensez-vous de la situation actuelle du RC Lens ?

« On a fait un très mauvais début de saison mais les derniers résultats  à l’extérieur étaient bons. On ne prend plus de buts mais, malgré tout, nous restons bas au classement. Bourg-en-Bresse ne gagne plus mais nous n’en profitons pas. Il faut enchaîner les victoires. On dit que, si l’on fait match nul à l’extérieur et qu’on gagne à domicile, on est champions : il faut réussir à faire de bons résultats à Bollaert-Delelis. Mais il ne faut pas croire en la montée en Ligue 1 cette saison :  il faut déjà sauver le club. »

Quel est votre ressenti sur Eric Sikora en tant qu'entraîneur ?

« Il a une autre vision de jeu. Alain Casanova avait repris les idées des entraîneurs espagnols, mais ça n’a pas marché parce que les joueurs n’étaient pas réceptifs. Eric est arrivé à la française avec ses idées et une manière différente de travailler. Je le connais bien et je lui souhaite de réussir. »

Vous souvenez-vous de votre premier match avec le RC Lens ?

« 31 octobre 1975, je le fête tous les ans. Mon deuxième fils est né le 31 octobre 1979, chaque année on en parle. C’est un match spécial : je suis arrivé la veille, j’étais fatigué, j’ai voyagé toute la nuit et mon avion a décollé en retard de Paris à cause du brouillard. Je ne connaissais même pas mes coéquipiers, on m’a présenté à midi. On a passé la journée ensemble et, lors de ce match, j’ai marqué les trois buts. Aujourd’hui encore, tout le monde me parle de ça ! Les jeunes ne savent pas tout ça, ce n’était pas médiatisé à l’époque. Je garde toujours cet exploit, aucun joueur moderne ne m’a dépassé. Je suis le seul étranger qui a marqué trois buts pour mon premier match. »

De quel coéquipier étiez-vous le plus proche ?

« Richard Krawczyk, on se voyait pour discuter. Michel Joly, Daniel Leclercq, Robert Sab, on s’appelle pour les fêtes. Casimir Zuraczek vient voir les matchs à Bollaert : on se revoit parfois. Il n’y a plus de rassemblements, à part quand le club a fêté son centenaire. Je vois encore Arnold Sowinski, Louis Plet, Joseph Rodriguez qui était notre cameraman à l’époque. Mais avec les joueurs, on se voit de moins en moins. »

Que changeriez-vous au Racing d’aujourd’hui ?

« Je suis assez loin. Je vais à la Gaillette pour voir les amis. Pour changer quelque chose, il aurait fallu que je sois près des dirigeants. Mais je pense qu'il aurait fallu prendre les joueurs capables de nous faire monter. Mais le club a t-il les moyens ? Soit on a les moyens, soit on ne les a pas. Le club a pris des joueurs qui n’étaient pas prêts, qui ne jouaient pas avec leurs clubs, ils ont eu du mal à prendre le rythme : voilà pourquoi ça ne fonctionne pas. »

Quel est le plus grand joueur que vous ayez supervisé ?

« Lewandowski. Il n’était pas connu mais le RC Lens ne voulait pas prendre un Polonais de deuxième division, on a hésité. C’était à l’époque où le club jouait la Coupe d’Europe. Le recrutement est le plus dur pour un club. Le PSG a des moyens, mais les autres clubs ont du mal. Soit vous avez des moyens ou non, je supervisais des joueurs en République Tchèque : si des grands clubs sont devant nous, c’est compliqué. Il faut détecter les jeunes joueurs avant les autres. Vous n’êtes pas décideur, ce sont les dirigeants qui prennent le relais. »

Suivez-vous les jeunes joueurs du RC Lens ?

« Je ne suis pas trop les jeunes du club. Je défends les joueurs qui vivent le mauvais début de saison du club, car j’ai vécu la même chose, si ça ne marche pas ça arrive. A mon époque, on est descendus en 2ème division, monter est toujours difficile mais on a su le faire très rapidement. Les jeunes c’est toujours la loterie, certains ont besoin de confirmer. Si vous mettez des jeunes pour nous sortir de notre situation, c’est délicat. Avec la pression, il ne peuvent pas supporter. On ne peut pas en mettre trop de jeunes joueurs en avant, sinon on casse l’équipe. On n’a pas hésité à mettre Varane mais on n’a pas ce genre de joueurs tous les jours. »

Joachim Marx RC Lens 02Suivez-vous toujours les résultats de Noeux-les-Mines ?

« Je regarde parfois. Mais je m’arrête devant le stade où j’ai joué mon jubilé. Il n’a pas changé. Je vais au bistrot du stade qui était notre QG à l’époque où je jouais à Noeux. C’était la famille, on était tous proches du club. Mes trois dernières années au club étaient extraordinaires. »

Avez-vous toujours des contacts avec vos coéquipiers de l’époque ?

« Avec 2-3 joueurs ! Régis Lefèbvre, Hector Resola qui est en Uruguay, Patrick Gosset. On se revoit de temps en temps. »

Vous avez joué un barrage de montée en D1 en mai 1981, Est-ce votre plus beau souvenir avec Noeux ?

« Je n’ai que des bons souvenirs avec ce club ! En trois ans, on a perdu un seul match à domicile. Les joueurs travaillaient et jouaient au foot. Des clubs comme Mulhouse, Rouen, Avignon étaient des clubs pros. La seule équipe qui est venue nous battre était Quimper. Ça marchait super bien, on a été des copains sur et en dehors du terrain. Nos déplacements en bus resserraient les liens entre les joueurs. On a eu un groupe extraordinaire. On a joué à Bollaert en Coupe de France devant 15 000 personnes, et on a battu Nantes qui était une grande équipe, avec Maxime Bossis, Loïc Amisse, Vahid Halilhodzic. On les bat 2-1. Le tour suivant, on perd contre Paris devant 30 000 personnes, encore une fois à Bollaert. Mais ça a été un grand moment dans l’histoire du club. »

Êtes-vous content que le match se joue au stade Bollaert-Delelis ?

« Les dirigeants de Noeux sont tellement heureux. Ce match sera une fête ! Mais ça change tout par rapport à l'esprit de la coupe. Pour les joueurs pros, jouer sur un petit stade, ça fait des souvenirs. Peu de joueurs sont formés dans de bonnes conditions. Là, ça les fait revenir sur terre. C’est la fête mais l’esprit de la coupe est faussé, ce n’est plus la coupe. Mon premier match de coupe avec Lens était à Thionville contre une équipe de DH. On se réveille sous la neige et on joue sous la neige, on a piétiné la neige pendant l’échauffement pour marquer les lignes, mais on n’a pas bien joué. On a gagné aux tirs au but contre une équipe de DH. Aujourd'hui, l'esprit de la coupe est un peu faussé. Mais ça fera un bon souvenir aux gens de Noeux-les-Mines. Les supporters vont peut-être supporter le plus petit. Je pense que les gens vont encourager Noeux. Dans le football tout est possible, il faut se méfier. »

Propos recueillis par Eddy Jonda (RBM 99.6FM) pour MadeInLens.com

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