Gervais Martel : « Ça a été idyllique jusqu’en 2007 »

Gervais Martel RC Lens 06Devenu président du RC Lens en août 1988, Gervais Martel a été l’un des artisans majeurs du redressement du club Sang et Or jusqu’au titre de champion de 1998, à la Ligue des Champions, à la Coupe de l'UEFA, mais aussi l’un principaux des artisans de la chute du club lensois depuis 2007. Le président du Racing revient sur ces périodes fastes et douloureuses, et sur ses choix d’entraîneurs qui ont amené aux difficultés sportives et financières du club jusqu’à son départ en 2012, poussé par le Crédit Agricole.

Le 24 août 1988 vous succédez à Jean Honvault à la tête de la présidence du RC Lens.

« Jean a donné sa démission après une défaite à Lille. André Delelis qui faisait la pluie et le beau temps m’a appelé un dimanche matin en me disant : « Est-ce que vous êtes prêt à prendre la présidence ? » « Oui, si vous me le demandez, oui je suis prêt, c’est mon rêve. » J’avais beaucoup de fierté. J’ai tout de suite appelé mon père et les gars qui travaillaient avec moi pour leur dire que j’allais avoir un peu plus de travail à l’extérieur et puis ça s’est fait assez naturellement. Mais ça a été très dur dès le départ. On était dans les trois derniers et on n’a pas fait mieux jusqu’à la fin de l’année. Et à l’époque, on avait surtout 20 millions de francs de dette donc il a fallu s’accrocher avec des copains, relancer des partenariats avec les entreprises. J’ai été directement dans le dur. Ça n’a pas été un long fleuve tranquille parce qu’il a fallu travailler avec beaucoup de gens mais j’aime ça, essayer de rebâtir une dynamique, se pencher sur la formation. »

Ça a dû être exaltant.

« Très. Et puis de voir ensuite Lens arriver au plus haut niveau... Ça a été idyllique jusqu’en 2007, année où malheureusement, on rate la marche de la Champion’s League. Au lieu d’être deuxième on finit cinquième. Démission du coach, un mec entier et que je respecte beaucoup : Francis Gillot. J’aurais dû insister davantage mais je n’ai pas réussi à le remettre dedans. Et puis après, j’ai fait des choix dont tout le monde se réjouissait d’abord. Je demande à Guy Roux de venir et je me trompe. Une affaire d’Etat. Il avait dépassé l’âge pour entraîner et puis ça n’a pas fonctionné pour diverses raisons. Le recrutement n’a pas été brillant. Derrière Jean Pierre Papin est arrivé. On est descendu contre le cours du jeu parce qu’on a un manque de réussite incroyable. On perd cette finale de Coupe de la ligue sur un pénalty sifflé dans les arrêts de jeu contre le PSG. On prend une banderole des Parisiens. Tout le monde ne parlait que de ça au lieu de s’occuper du sport. Je sentais qu’il y avait une pelote de laine et que le fil était en train de se barrer. C’est un truc de fou. Je ne me suis pas préparé à la descente. J’avais fait mes objectifs pour faire partie des cinq, six premiers du championnat et là on prend une claque. On passe de 34 millions de droits télés à 5-6 millions en L2. Aucune entreprise ne peut faire face à un bordel pareil. Perdre 80% de ses revenus… je me suis battu pour essayer de trouver des solutions. Mais ensuite avec un actionnaire, le Crédit Agricole qui avait une politique plus financière qu’autre chose… On a réussi à remonter quand même avec Jean-Guy Wallemme entraîneur, Cuperly comme adjoint. Il suffisait d’ajouter 2-3 joueurs mais ils ne l’ont pas fait et on est redescendu l’année suivante. J’ai quitté le club en 2012. »

Source : SoFoot

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