updated 05/12/2016 14:28

Coup de sifflet : l’anéantissement d’une occasion de but manifeste

Coup-de-sifflet-aneantissement-action-de-jeu-4Aujourd'hui, sur MadeInLens.com, nous vous proposons le quatrième volet de notre rubrique consacrée à l'arbitrage. En effet, dans l'équipe du site, nous avons la chance d'avoir Lolorcl, un jeune arbitre habitué des compétitions nationales de jeunes et qui, très régulièrement, nous apportera ses lumières, nous permettra de mieux connaître et comprendre certaines règles majeures du football et nous évitera à l'avenir d'insulter copieusement l'arbitre après un Coup de sifflet !

Les passionnés de football se basent parfois sur certaines idées reçues sur les lois du jeu qui les induisent en erreur. La soi-disante règle du « dernier défenseur » est l’une des plus courantes. Eclaircissements sur les critères de décision qui amène l’arbitre à exclure ou simplement avertir le joueur fautif.

Tout d’abord, intéressons-nous au texte que nous fournit l’International Board, garant des lois du jeu. Les motifs d’exclusion de la loi 12 sont au nombre de 7. Deux d’entre eux traitent de l’anéantissement d’une occasion nette de but :

- empêcher l’équipe adverse de marquer un but, ou annihiler une occasion de but manifeste en touchant délibérément le ballon de la main (cela ne s’applique pas au gardien de but dans sa propre surface de réparation)

- annihile une occasion de but manifeste d’un adversaire se dirigeant vers son but en commettant une faute passible d’un coup franc ou d’un coup de pied de réparation

Si le premier de ces motifs n’amène pas de confusion en général, c’est bien le second qui prête souvent à débat ... Pour cela, la FIFA fournit des interprétations à ses lois du jeu afin d’aider les arbitres dans leurs prises de décision.

L’arbitre devra prendre en compte tout d’abord la distance entre le lieu de la faute et le but. Bien évidemment, un attaquant qui se situait à hauteur du rond central ne présente pas a priori le même danger que s’il se trouvait aux 20 mètres.

Ensuite, l’arbitre devra s’intéresser à la probabilité qu’avait l’équipe attaquante de conserver ou de récupérer le ballon. Une faute doit être sanctionnée tant qu’elle est commise ballon en jeu et ce même si le joueur victime n’allait pas récupérer le ballon. Mais cependant, il semble logique que les conséquences disciplinaires ne soient pas les mêmes.

Le placement et le nombre de défenseurs est le troisième critère à regarder. C’est de celui-ci que vient la fausse idée du « dernier défenseur ». En général, il est vrai que le joueur qui reçoit un carton rouge se trouve dans cette position mais il faut faire attention à ne pas généraliser…

Car ce dernier critère qu’est le sens du jeu est le plus subjectif. C’est en effet sur celui-ci que l’arbitre doit estimer la chance réelle qu’avait l’attaquant de marquer un but ou non s’il n’avait pas subi de faute.

L’approche simpliste constitue à se dire qu’un joueur a une chance réelle de marquer un but s’il est dans l’axe du but et qu’il ne se désaxe pas. Mais le football est plus complexe et un joueur peut se créer une occasion manifeste en étant à la base sur le côté mais en revenant dans l’axe (l’exemple qui me vient à l’esprit est le match Marseille-Lille de la saison dernière où Florent Balmont a été expulsé pour une faute sur Matthieu Valbuena). Ou encore en se désaxant pour éliminer le gardien ou en défenseur, tout en gardant un angle suffisamment ouvert pour ne plus avoir qu’à envoyer facilement le ballon au fond des filets.

Vous l’aurez compris : ce point est celui qui prête le plus à interprétation et c’est ce qui fait le charme du football. Au contraire d’une science exacte, il amènera toujours des débats passionnés sur certaines actions litigieuses et parfois même entre arbitres.

Enfin, pour apporter une dernière précision, il n’est pas inutile de rappeler que lorsque l’arbitre laisse l’avantage lors d’une occasion de but manifeste et que le but est marqué, le fautif ne doit pas être exclu mais il recevra simplement un carton jaune. On peut prendre l’exemple de la finale de la Ligue des Champions 2006 entre Arsenal et Barcelone où l’arbitre aurait pu (ou dû) laisser l’avantage à Ludovic Giuly qui aurait ouvert le score et ainsi laisser Jens Lehman sur le terrain.

Lolorcl

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